Petit article expliquant la récente affaire d'Angelina Jolie et de son traitement préventif anti-cancer assez radical doublé d'une tentative crasse d'attirer des lecteurs par un titre accrocheur, voire racoleur (je ne suis pas le premier à user de cette ficelle).
- C'était quoi, ce bazar autour de la poitrine d'Angelina Jolie il y a quelques temps ?
Et bien tout simplement La femme préféré de Brad Pitt a choisi un traitement préventif anti-cancer assez direct puisqu'elle s'est fait retirer les deux seins (oui, de manière préventive).
- Et pourquoi ce traitement ?
Tout simplement parce qu'à la suite d'un test génétique, elle a découvert qu'elle était porteuse d'une forme mutée du gène BRCA1, forme mutée qui lui conférait un risque important (87%) de développer une tumeur mammaire.
Je m'explique.
Une cellule du corps humain peut être vue comme... une voiture (Fiat Punto, Peugeot 405, Porsche 911, enfin prenez ce qui vous arrange), avec les différents composants de la voiture (éléments du moteur, roues, volant, joint de culasse, etc...) étant les protéines issues des gènes qui sont dans le génome (j'en parlerai un autre jour des gènes).
Quand tout va bien, tout va bien (quelle phrase !) Je veux dire pas d'accident (enfin sauf ceux causés par, au hasard, un météorite qui vous tombe dessus alors que vous roulez pépère sur la départementale 387, mais ça, ce serait vraiment pas de bol alors on oublie).
Dans notre métaphore bagnolistique, quand un élément de la voiture ne va plus fonctionner et la voiture va aller se planter dans un platane. Dans le corps humain, si dans une cellule un gène est muté, la cellule ne va plus fonctionner normalement et elle peut devenir cancéreuse, c'est à dire qu'elle commence à se multiplier sans vergogne et sans aucun contrôle, ce qui ne va pas être très glop pour le monsieur ou la madame.
Ces gènes qui peuvent causer des cancers quand ils sont mutés sont appelés gènes de prédisposition.
- Mais alors pourquoi elle a fait cette mastectomie ? Prédisposition veut dire qu'elle allait avoir un cancer à coup sûr ?
Oulà non ! Prédisposition veut dire ce que ça veut dire, à savoir risque accru mais pas sûr à 100 %.
Maintenant, il faut comprendre que selon le gène en question, le "risque d'accident" est plus ou moins fort selon le rôle dudit gène dans la cellule. Imaginez une voiture dont le phare arrière gauche est un peu faible, ça devrait pouvoir passer. Mais si le volant ne marche plus, et bien il y a de grandes chances que la route se termine avec le platane. Non pas celui-là. Oui, celui-là, plutôt.
Dans les cellules c'est pareil. Si un gène produit une protéine centrale du processus cellulaire, les risques deviennent important. Dans le cas d'Angelina Jolie, comme indiqué plus haut, ce risque était de 87 %.
- Comment on mesure ce risque ?
De deux façons. Il faut commencer par connaitre le rôle des différents gènes et de leurs versions "saines" ou "mutées" dans le cancer. Pour cela on va prendre non pas des humain mais des souris et des rats et on va y faire muter le gène correspondant pour regarder ce qui se passe au niveau de la bestiole mais aussi au niveau cellulaire et moléculaire (rôle précis dans la cellule, interactions, etc...).
Ensuite on compte. On prend les patientes qui développent le type de cancer en question et on compte combien ont la version mutée du gène. On regarde chez ces patientes si les cancers sont agressifs ou non, quelle proportion de patientes survivent ou meurent. Et avec tout ça on arrive à un pourcentage qui correspond au risque de développer le cancer en question sachant que le gène est muté.
On ne va pas faire le test génétique au hasard. On le fait s'il y a une histoire familiale suggérant la présence d'un gène muté. Dans le cas d'Angelina Jolie, plusieurs femmes dans sa famille sont morte de ce cancer.
- Pourquoi tout ce bazar en fait ?
Déjà parce qu'il ne s'agissait pas de Germaine Brouchu, caissière au Monoprix de Glaviotte-Lès-Vallons (qui malgré la vie trépidante qu'elle a eu, n'a jamais intéressé les magazines pipoles) mais d'Angelina Jolie, l'une des moitié les plus célèbres de ce monde médiatique.
Ensuite parce qu'à la faveur d'une tribune publié dans le New York Times (le 20 Minutes local) expliquant son choix et révélant le prix exorbitant du test génétique du au brevet sur le gène BRCA1 détenu par la compagnie Myriad Genetics. Ledit brevet entraine un prix élevé au test génétique et limite fortement les recherches sur le gène et les mutations. Par exemple, impossible de développer et de vendre un test génétique alternatif, plus efficace et moins cher.
- Comment ça un brevet sur un gène ? Je croyais qu'il était interdit de breveter le vivant ?
Oui c'est vrai que c'est interdit. Une séquence complète ou partielle du génome d'une bestiole vivante et naturelle (c'est à dire non-artificielle) ne peut pas être breveté. Myriad Genetics contourne simplement (et ingénieusement d'ailleurs) cette règle de la façon suivante.
Pour étudier un gène (ou une séquence d'ADN naturelle en général), vu qu'on ne peut pas le faire directement, il faut l'isoler, de même que pour étudier le joint de culasse, il faut l'isoler du bloc moteur. Et bien on le fait à l'aide de technique moléculaires assez simples mais qui passent par une construction artificielle et non-naturelle. C'est cette construction que Myriad Genetics a breveté il y a 20 ans. Pour information, la court suprême des U.S.A. a considéré il y a peu que ce brevet était abusif et que le seul fait d'isoler une séquence d'ADN ne justifiait pas la brevetabilité d'une séquence d'ADN naturelle.
- Donc Myriad, c'est un peu des salauds quand même...
Dans un sens oui. On peut dire que ce sont des business men, qui ont une vision très marchande du vivant. Pas une vision qui ira loin...
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jeudi 30 janvier 2014
mardi 15 octobre 2013
L'académie Nobel se fiche pas mal du travail de paillasse (et elle a tord)
Petit billet explicatif sur le récent prix Nobel de physique, encore sous forme de question réponse.
- Alors, que c'est-il passé la semaine dernière ?
Et bien, c'était la semaine des Prix Nobel, la semaine de l'année (deuxième d'octobre je crois) pendant laquelle sont remis les Prix Nobel. Historiquement, il y en a cinq, physiologie et médecine, physique, chimie, littérature et paix (je laisse de coté l'économie).
- Et qui a été récompensé cette année en physique ?
Le belge François Englert etle britannique Peter Higgs pour leurs travaux sur la physique des particules et sur les particules sub-atomiques (plus petites qu'un atome).
- Higgs ? Ça me dit quelque-chose...
Votre mémoire est bonne. Peter Higgs a donné son nom à une particule particulière, le boson de Higgs. Il s'agit d'une particule fondamentale qui, si je me souviens bien, est censée donner de la masse aux objets (non, la physique n'est pas mon domaine de prédilection).
- Et leurs découvertes n'ont pas eu assez d'impact sur la physique ?
Au contraire ! Les travaux récompensés sont primordiaux pour la compréhension du monde qui nous entoure. Vous expliquer pourquoi et comment dépasse largement le cadre modeste de mes humbles compétences, mais si l'anglais ne vous rebute pas, il faut aller voir cette vidéo qui est tout simplement géniale.
- Alors qu'est-ce qui cloche ? Les scientifiques récompensés ne méritent-ils pas le prix ?
Si, ils le méritent amplement par le fait simple qu'ils ont posé un modèle, le modèle qui décrit les particules sub-atomiques. La simple découverte du boson de Higgs est un pas significatif dans la compréhension du gros maelström qui nous entoure.
- Attendez, il y a bien quelque-chose qui cloche alors avec ce prix ?
Oui, un petit quelque-chose mais qui en dit long sur le Prix Nobel et sur le fonctionnement de la science.
Les deux savants nommés plus haut ont donc posé un modèle sur du papier et rien de plus ou presque. Le modèle fonctionne sur papier (sinon il n'aurait jamais été considéré sérieusement) mais ça s'arrête là. Certaines choses très importantes (dont le boson de Higgs) sur le papier n'avait pas jusqu'à plus ou moins récemment été observé en vrai dans la nature.
- Ah. Et ?
Et bien il a fallu prouver l'existence de ces particules, notamment du boson de Higgs.
- Ah oui, et c'est à ça qu'a servi le gros accélérateur de particules à coté de Genève !
Oui, le Large Hardon Collider (LHC pour les intimes). C'est un gros accélérateur de particules donc, qui marche comme ceci : on accélère des particules à des vitesses énormes, on les fait rentrer en collision et on regarde ce qui en sort (un peu comme si on crashait deux voitures l'une contre l'autre pour confirmer l'existence du joint de culasse). Il faut savoir que ce LHC et a été une énorme entreprise, une collaboration entre plusieurs pays, des milliers (oui oui, des milliers) de personnes travaillant sur place sur cette grosse expérience.
- Donc l'accélérateur a fait son boulot, les scientifiques aussi, où est le problème ?
Le problème est que l'académie des Prix Nobel n'a récompensé que les deux théoriciens cités plus haut. Et eux seuls. Les travaux effectués au LHC ont bien été mentionné mais seulement mentionné. Ce que semble considérer l'académie des Prix Nobel est que le travaille expérimental, de paillasse, compte moins que le travail théorique. Un deux poids deux mesures qui est un peu dur à avaler.
- Alors il aurait fallu que le Prix aille aussi au LHC ? Pourquoi cela ne s'est-il pas fait ?
Pour plusieurs raisons. Déjà, le LHC est le nom de la machine, l'organisme qui gère tout ça est le CERN (Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire). Ensuite, le CERN ne pouvait pas se voir décerner le Prix car les Prix Nobel scientifiques ne vont qu'à des personnes, pas à des organismes.
- Ah bon ?
Et oui. C'est Alfred Nobel himself qui a posé ces règles quand il a créé les Prix. Il faut dire qu'à l'époque (tout début du 20ième siècle quand même), les grands noms de la science faisait tout eux-mêmes. Ainsi Pierre et Marie Curie étaient aux fourneaux pour touiller la matière et chercher le radium en plus d'être devant le tableau noir pour modéliser tout ça. Entre cette époque et maintenant, la science a pas mal changé et il est rare de voir ceux qui dirigent des équipes mettre eux-même la main à la pâte. Ils sont là pour diriger les recherches, orienter les travaux et chercher de l'argent tandis que les étudiants en thèses et post-doctorants passent leur temps les mains dans le cambouis. De même, les découvertes et avancées fondamentales de nos jours se font à l'aide de moyens techniques assez considérables et il est impossible de tout faire soi-même.
Un exemple récent est le séquençage du génome humain. C'était un consortium de beaucoup de laboratoires, beaucoup de personnes, de moyens, de machines. Même s'il y avait un homme qui dirigeait le projet, il ne pouvait pas à lui seul recevoir tous les lauriers quand le projet fut complété.
- Donc il faudrait changer les règles du Prix.
Pas forcément (et j'imagine que c'est très compliqué). Cette histoire met juste en lumière le fait que la science, la façon dont les découvertes sont faites, dont le travail de base est fait, a bien changé depuis un siècle, en bien ou en mal c'est un autre débat. La légende encore vivace je crois et propagée par les Prix Nobel du chercheur seul dans sont petit laboratoire isolé révolutionnant seul ou presque la science est loin, bien loin de la réalité.
Ceci étant dit, cela ne me déplairait pas d'en gagner un...
- Alors, que c'est-il passé la semaine dernière ?
Et bien, c'était la semaine des Prix Nobel, la semaine de l'année (deuxième d'octobre je crois) pendant laquelle sont remis les Prix Nobel. Historiquement, il y en a cinq, physiologie et médecine, physique, chimie, littérature et paix (je laisse de coté l'économie).
- Et qui a été récompensé cette année en physique ?
Le belge François Englert etle britannique Peter Higgs pour leurs travaux sur la physique des particules et sur les particules sub-atomiques (plus petites qu'un atome).
- Higgs ? Ça me dit quelque-chose...
Votre mémoire est bonne. Peter Higgs a donné son nom à une particule particulière, le boson de Higgs. Il s'agit d'une particule fondamentale qui, si je me souviens bien, est censée donner de la masse aux objets (non, la physique n'est pas mon domaine de prédilection).
- Et leurs découvertes n'ont pas eu assez d'impact sur la physique ?
Au contraire ! Les travaux récompensés sont primordiaux pour la compréhension du monde qui nous entoure. Vous expliquer pourquoi et comment dépasse largement le cadre modeste de mes humbles compétences, mais si l'anglais ne vous rebute pas, il faut aller voir cette vidéo qui est tout simplement géniale.
- Alors qu'est-ce qui cloche ? Les scientifiques récompensés ne méritent-ils pas le prix ?
Si, ils le méritent amplement par le fait simple qu'ils ont posé un modèle, le modèle qui décrit les particules sub-atomiques. La simple découverte du boson de Higgs est un pas significatif dans la compréhension du gros maelström qui nous entoure.
- Attendez, il y a bien quelque-chose qui cloche alors avec ce prix ?
Oui, un petit quelque-chose mais qui en dit long sur le Prix Nobel et sur le fonctionnement de la science.
Les deux savants nommés plus haut ont donc posé un modèle sur du papier et rien de plus ou presque. Le modèle fonctionne sur papier (sinon il n'aurait jamais été considéré sérieusement) mais ça s'arrête là. Certaines choses très importantes (dont le boson de Higgs) sur le papier n'avait pas jusqu'à plus ou moins récemment été observé en vrai dans la nature.
- Ah. Et ?
Et bien il a fallu prouver l'existence de ces particules, notamment du boson de Higgs.
- Ah oui, et c'est à ça qu'a servi le gros accélérateur de particules à coté de Genève !
Oui, le Large Hardon Collider (LHC pour les intimes). C'est un gros accélérateur de particules donc, qui marche comme ceci : on accélère des particules à des vitesses énormes, on les fait rentrer en collision et on regarde ce qui en sort (un peu comme si on crashait deux voitures l'une contre l'autre pour confirmer l'existence du joint de culasse). Il faut savoir que ce LHC et a été une énorme entreprise, une collaboration entre plusieurs pays, des milliers (oui oui, des milliers) de personnes travaillant sur place sur cette grosse expérience.
- Donc l'accélérateur a fait son boulot, les scientifiques aussi, où est le problème ?
Le problème est que l'académie des Prix Nobel n'a récompensé que les deux théoriciens cités plus haut. Et eux seuls. Les travaux effectués au LHC ont bien été mentionné mais seulement mentionné. Ce que semble considérer l'académie des Prix Nobel est que le travaille expérimental, de paillasse, compte moins que le travail théorique. Un deux poids deux mesures qui est un peu dur à avaler.
- Alors il aurait fallu que le Prix aille aussi au LHC ? Pourquoi cela ne s'est-il pas fait ?
Pour plusieurs raisons. Déjà, le LHC est le nom de la machine, l'organisme qui gère tout ça est le CERN (Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire). Ensuite, le CERN ne pouvait pas se voir décerner le Prix car les Prix Nobel scientifiques ne vont qu'à des personnes, pas à des organismes.
- Ah bon ?
Et oui. C'est Alfred Nobel himself qui a posé ces règles quand il a créé les Prix. Il faut dire qu'à l'époque (tout début du 20ième siècle quand même), les grands noms de la science faisait tout eux-mêmes. Ainsi Pierre et Marie Curie étaient aux fourneaux pour touiller la matière et chercher le radium en plus d'être devant le tableau noir pour modéliser tout ça. Entre cette époque et maintenant, la science a pas mal changé et il est rare de voir ceux qui dirigent des équipes mettre eux-même la main à la pâte. Ils sont là pour diriger les recherches, orienter les travaux et chercher de l'argent tandis que les étudiants en thèses et post-doctorants passent leur temps les mains dans le cambouis. De même, les découvertes et avancées fondamentales de nos jours se font à l'aide de moyens techniques assez considérables et il est impossible de tout faire soi-même.
Un exemple récent est le séquençage du génome humain. C'était un consortium de beaucoup de laboratoires, beaucoup de personnes, de moyens, de machines. Même s'il y avait un homme qui dirigeait le projet, il ne pouvait pas à lui seul recevoir tous les lauriers quand le projet fut complété.
- Donc il faudrait changer les règles du Prix.
Pas forcément (et j'imagine que c'est très compliqué). Cette histoire met juste en lumière le fait que la science, la façon dont les découvertes sont faites, dont le travail de base est fait, a bien changé depuis un siècle, en bien ou en mal c'est un autre débat. La légende encore vivace je crois et propagée par les Prix Nobel du chercheur seul dans sont petit laboratoire isolé révolutionnant seul ou presque la science est loin, bien loin de la réalité.
Ceci étant dit, cela ne me déplairait pas d'en gagner un...
dimanche 28 juillet 2013
Les cellules souches are back !
Petit billet explicatif sur un actu déjà vieille de plusieurs jours sous forme de question - réponses ayant pour thème les cellules souches, donc.
- Alors, que c'est-il passé il y a peu ?
Le parlement français a voté une loi autorisant la recherche scientifique sur les cellules souches embryonnaires humaines.
- Ah, ce n'était pas autorisée ?
Et bien non, logiquement ai-je envie de dire. À la différence d'autres pays (le Royaume-Unis par exemple), celle-ci n'était pas en principe autorisée en France. Je dis en principe car il était possible d'obtenir des dérogations, sous réserve de prouver que la recherche proposée était d'une importance capitale (au hasard ayant un impact dans le domaine de la santé) et qu'aucune alternative n'était proposée.
En fait, on est passé d'un système "non sauf..." à un système "oui". Mais attention, et j'insiste là-dessus, l'utilisation des cellules souches et toujours bien réglementée ! Les recherches effectuées doivent toujours obéir aux règles évoquée ci-dessus (importance de la recherche et absence d'alternative).
- D'où proviennent ces cellules souches ? On va au supermarché pour se les procurer ?
Oulà, non (et heureusement) !
Ces cellules sont extraites d'embryons. Ces embryons proviennent de fécondations in vitro et dont on a plus besoin. Je m'explique.
Quand on fait une fécondation in vitro, c'est un peu comme faire ses bagages pour partir en vacances ou faire de la cuisine pour un dîner avec des amis, il faut toujours prévoir plus. En effet le processus ne marche pas à 100 % et c'est bien d'avoir des embryons si on doit recommencer. Quand le processus réussit, les embryons qui restent sont voués à être détruits. Et bien au lieu de ça, on les récupère pour les utiliser dans la recherche.
- Donc, pas de clonage humain pour faire des embryons cobayes ?
Non, pas du tout !
La façon dont on récupère ces embryons est bien règlementée et ne va en rien changer au vu de la nouvelle loi.
- Mais au fait, c'est quoi une cellule souche ?
Ah, enfin !
Une cellule souche est une cellule qui n'est pas différentié (par exemple, un neurone ou un globule rouge sont des cellules différentiées) et qui a le potentiel de se différentier en plusieurs types cellulaires. Imaginez les éléments essentiels d'une voiture (roues, volant...) assemblés mais sans qu'il y ait de structure autour donnant à la voiture une forme et une fonction particulière : il y a tout ce qu'il faut pour fonctionner mais on peut encore choisir ce qu'on va en faire. Une Peugeot 205 va être comme une cellule différenciée, avec une forme et une fonction bien précise et qui ne peut pas revenir en arrière.
Il y a plusieurs types de cellules souches selon le degré d'avancement de la différentiation. En premier, il y a la cellule souche embryonnaire, directement issue de la cellule-œuf obtenue après fécondation de l'ovule par le spermatozoïde. On la dit totipotente (toti qui vient de tout et potente qui vient de pouvoir) car elle peut tout faire, à la fois tous les types de cellule d'un organisme et ce qui sert à le fabriquer durant la grossesse (le placenta par exemple). Le niveau après est la cellule pluripotente, qui peut fabriquer tous les types cellulaire d'un organisme, mais pas ce qui sert à le fabriquer.
- Qu'est-ce qui arrive à ces cellules souches ?
Soit elles s'auto-renouvellent et gardent leur potentiel de différentiation, soit elles se différencient en cellules "moins" souches ou en cellules complètement différenciées (comme les neurones ou les cellules de muscle vues plus haut). Ce qui change alors, c'est la façon dont elles fonctionnent, les gênes qu'elles expriment et à quel moment. Un truc sur la différentiation est qu'elle est irréversible, un peu comme une bille qui dévale une pente, elle ne peut qu'aller plus bas.
- Alors, que c'est-il passé il y a peu ?
Le parlement français a voté une loi autorisant la recherche scientifique sur les cellules souches embryonnaires humaines.
- Ah, ce n'était pas autorisée ?
Et bien non, logiquement ai-je envie de dire. À la différence d'autres pays (le Royaume-Unis par exemple), celle-ci n'était pas en principe autorisée en France. Je dis en principe car il était possible d'obtenir des dérogations, sous réserve de prouver que la recherche proposée était d'une importance capitale (au hasard ayant un impact dans le domaine de la santé) et qu'aucune alternative n'était proposée.
En fait, on est passé d'un système "non sauf..." à un système "oui". Mais attention, et j'insiste là-dessus, l'utilisation des cellules souches et toujours bien réglementée ! Les recherches effectuées doivent toujours obéir aux règles évoquée ci-dessus (importance de la recherche et absence d'alternative).
- D'où proviennent ces cellules souches ? On va au supermarché pour se les procurer ?
Oulà, non (et heureusement) !
Ces cellules sont extraites d'embryons. Ces embryons proviennent de fécondations in vitro et dont on a plus besoin. Je m'explique.
Quand on fait une fécondation in vitro, c'est un peu comme faire ses bagages pour partir en vacances ou faire de la cuisine pour un dîner avec des amis, il faut toujours prévoir plus. En effet le processus ne marche pas à 100 % et c'est bien d'avoir des embryons si on doit recommencer. Quand le processus réussit, les embryons qui restent sont voués à être détruits. Et bien au lieu de ça, on les récupère pour les utiliser dans la recherche.
- Donc, pas de clonage humain pour faire des embryons cobayes ?
Non, pas du tout !
La façon dont on récupère ces embryons est bien règlementée et ne va en rien changer au vu de la nouvelle loi.
- Mais au fait, c'est quoi une cellule souche ?
Ah, enfin !
Une cellule souche est une cellule qui n'est pas différentié (par exemple, un neurone ou un globule rouge sont des cellules différentiées) et qui a le potentiel de se différentier en plusieurs types cellulaires. Imaginez les éléments essentiels d'une voiture (roues, volant...) assemblés mais sans qu'il y ait de structure autour donnant à la voiture une forme et une fonction particulière : il y a tout ce qu'il faut pour fonctionner mais on peut encore choisir ce qu'on va en faire. Une Peugeot 205 va être comme une cellule différenciée, avec une forme et une fonction bien précise et qui ne peut pas revenir en arrière.
Il y a plusieurs types de cellules souches selon le degré d'avancement de la différentiation. En premier, il y a la cellule souche embryonnaire, directement issue de la cellule-œuf obtenue après fécondation de l'ovule par le spermatozoïde. On la dit totipotente (toti qui vient de tout et potente qui vient de pouvoir) car elle peut tout faire, à la fois tous les types de cellule d'un organisme et ce qui sert à le fabriquer durant la grossesse (le placenta par exemple). Le niveau après est la cellule pluripotente, qui peut fabriquer tous les types cellulaire d'un organisme, mais pas ce qui sert à le fabriquer.
- Qu'est-ce qui arrive à ces cellules souches ?
Soit elles s'auto-renouvellent et gardent leur potentiel de différentiation, soit elles se différencient en cellules "moins" souches ou en cellules complètement différenciées (comme les neurones ou les cellules de muscle vues plus haut). Ce qui change alors, c'est la façon dont elles fonctionnent, les gênes qu'elles expriment et à quel moment. Un truc sur la différentiation est qu'elle est irréversible, un peu comme une bille qui dévale une pente, elle ne peut qu'aller plus bas.
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